L'exposition est construite à partir de nos outils de récolte. Le fil conducteur se situe dans notre démarche: aller à la rencontre d'inconnu.e.s. Toutes les installations sont des portraits de ces gens à travers ce qu'ils mangent, ce à quoi ils jouent, ce qu'ils possèdent, ce qu'ils perdent, etc. Voici un aperçu de ces installations.

Nous aimons depuis toujours découvrir des objets perdus. Anaïs les prend en photo et Lola se raconte des histoires. Entre Janvier et Mars nous avons rassemblé 100 objets trouvés. La seule consigne que nous nous sommes donnée : « Les déchets ne sont pas des objets trouvés ». Si l’un des objets exposés vous appartient vous pouvez le récupérer.

Nous étions en vacances ensemble et Lola a écrit une carte postale à sa mère. Elle l’a oubliée sur la table du café où nous étions mais sa mère a tout de même reçu le courrier. Lola a pensé que la carte avait été posté par un.e inconnu.e et elle a trouvé ça génial. Elle a finalement appris que c’était Anaïs qu’il l’avait envoyée. De là nous avons eu l’envie de déposer des cartes timbrées et avec notre adresse dans des trains afin que des voyageurs nous écrivent.

Nous avons toujours été surprises par ces gens qui possédaient un animal pour leur tenir compagnie. Cela est pourtant fréquent et donc banal. Nous avons décidé d’aller à la rencontre de ces partenaires de vie pour les interroger la nature de leur relation. Peut-être est-il important d’ajouter que Lola possède une centaine d’animaux en plastiques.

Dis-moi ce que tu conserves au frais, je te dirais qui tu es. L’intérieur comme l’extérieur d’un frigo nous donne des indices sur les occupant.e.s de l’habitat où il se trouve. Presque chaque élément a son histoire avec ses consommateurs.rices. Dans ceux de Lola et Anaïs il n’y a que du bio sauf la sauce burger Amora, les gavottes chocolat au lait, le fromage « Croque monsieur » président, le colin pané « Croustibat », les crèmes au chocolat « La laitière », les bières Pelforth, les fajitas « Old el Paso » etc.

Devient banal ce qui nous est commun. A partir de ce postulat nous avons eu envie de rassembler des photos de familles d’inconnu.e.s. et de les comparer aux nôtres. Au cours de ces deux mois de résidence à la maison de la Fontaine, trois personnes nous ont donné accès à leurs albums, voir nous les ont donné : le voisin de notre atelier, la femme qui nous as vendu la table rose via le bon coin et une personne avec qui Lola a fait un atelier théâtre il y a deux ans. Nous en avons fait une cartographie. La table de fin de repas vient faire écho aux photos de familles, nous interroger sur nos rituels communs.

Derrière la banalité d’un loisir il y a un corps qui adopte une posture, un mouvement. Décontextualiser ces gestes est pour nous une manière de relier l’individu à sa pratique et son expertise de celle-ci. Et puis on aime bien imaginer le sport que pratique Gérard et se tromper.

Conception et installations: Lola Le Berre et Anaïs Cloarec

Mise en lumière et installations techniques: Adeline Mazaud

Aide aux installations sonores: Gwenolé Peaudecerf

 © 2020 by Anaïs Cloarec et Lola Le Berre 

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